livre
Objets-chômages
Parution 15 Septembre 2005
Éditions Le bec en l’air
Photographies Karine Lhémon
Prolongement littéraire Arnaud Cathrine
Vendu 18 euros au profit de Solidarités Nouvelles face au Chômage
Photographies sélectionnées pour la 26ème bourse du talents voir www.photographie.com/magazine/publication/103043/fr/
Préface de Jean-Baptiste de Foucauld
Président de Solidarités Nouvelles face au Chômage
Extraits
(…) Le chômage serait-il non représenté parce que non représentable ? Il faut se poser la question. On voit bien qu’au fond il n’intéresse pas, et même qu’il repousse. Ce n’est pas un objet culturel, digne de l’attention artistique. Il lui suffit d’être vécu par les uns et imaginé (donc faussement analysé) par les autres. Il sort ainsi du champ du travail culturel que la société démocratique doit faire en permanence sur elle-même.
(…) C’est contre cette tendance majeure de nos sociétés que ce livre atypique entend réagir, sortant des catégories habituelles des sciences sociales, rassurantes car trop bien circonscrites dans leur discipline. C’est une sorte de portrait du chômeur « as an artist ».
(…) Les demandeurs d’emploi devraient être les premiers à s’exprimer sur leur situation. C’est cela, précisément, la démocratie. Nous en sommes loin. Le plus souvent, on parle moins d’eux que du problème désagréable qu’ils posent… aux autres. Parfois, on parle pour eux, à leur place, et c’est en quelque sorte leur vie qu’on leur dérobe.
(…) Comme s’ils n’étaient pas en mesure d’affronter leur état. Les voilà déresponsabilisés par ceux-là mêmes qui souvent les appellent à plus de responsabilité !
(…) Tel est bien l’objet de ce livre. En demandant à des personnes qui sont au chômage ou l’ont été de symboliser par un objet ce que cette période représente pour elles, il vise à recréer ce monde commun entre chômeurs et non-chômeurs qui a petit à petit disparu.
(…) Il aura atteint son but s’il contribue peu à peu à ce que les demandeurs d’emploi passent du silence à la parole, de la parole à la représentation et de la représentation à une vraie coopération avec une société qui redevient solidaire, comprend mieux pour mieux agir et se reconstruit avec eux, et non pas contre eux ou loin d’eux.